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Pourquoi atteindre le 0 pesticide ?

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Bien souvent, lorsque nous pensons « pesticides », nous associons ce terme à l’agriculture.
Il est vrai que celle-ci représente, à elle-seule, 90% de la consommation nationale de pesticides.

La France est le troisième consommateur mondial de pesticides

Il se trouve que la France est le troisième consommateur mondial de pesticides et le premier au niveau Européen.
Une place élevée si on se réfère aux seuls 30 millions d’hectares de surface agricole de notre pays (80 000 tonnes ont été pulvérisées en 2008).
Avec la promotion de l’agriculture biologique et le lancement du plan Ecophyto (moins 50% de pesticides d’ici 2018), la profession a décidé de réagir.
Si l’ensemble des citoyens jette l’anathème sur le monde agricole, ils oublient fréquemment qu’eux-mêmes en utilisent. Nombreux sont ceux qui souhaitent avoir des légumes imposants, des allées bien propres et un gazon ne supportant aucune herbe folle.
Hélas ces jardiniers amateurs ont une fâcheuse tendance à utiliser ces produits sans respecter les doses prescrites.


Les chiffres parlent d’eux même et sont alarmants. En effet, à surface égale un jardinier utilise 2 à 3 fois plus de pesticides qu’un exploitant agricole.
Nous nous sommes habitués à traquer l’herbe dite mauvaise. Nous ne supportons plus de voir jaillir dans l’interstice d’un trottoir ou dans une fente en bas d’un mur, la moindre touffe chlorophyllienne. Plutôt que de la voir verte, nous préférons qu’elle jaunisse puis qu’elle disparaisse.
Ce choix obéit à une certaine conception de l’embellissement.


Nous aurons tendance à dire qu’il n’est qu’un avatar de l’aseptisation et de l’hygiène dans laquelle baigne notre société.
C’est une fâcheuse conception de l’hygiène, car ces  produits ne sont pas sans effets nocifs. Il existe des controverses scientifiques. Cependant, certaines conséquences néfastes de l’usage des pesticides sont devenues consensuelles.
De plus, ils entrent en contradiction avec des directives européennes telles que la Directive Cadre sur l’Eau qui nous oblige à atteindre un bon état qualitatif et quantitatif des cours d’eau d’ici 2015 ou des conventions internationales comme la convention de Nagoya sur la diversité biologique.


Pollution de l’eau
La pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques n’est plus à démontrer. D’autant que nous savons qu’un gramme de pesticides pollue 10 km de fossés.
Si les collectivités représentent 5% du volume des produits consommés, elles contribuent à hauteur de 30% à la pollution des eaux. La nature des surfaces traitées, majoritairement imperméables et très sensibles au ruissellement, la forte densité du réseau de collecte des eaux pluviales, font de la commune un endroit favorable au transfert rapide des pesticides vers les eaux de surfaces.
En plus de ces données structurelles s’ajoute l’application même du produit qui est une source importante de transfert direct à l’eau en cas de mauvaises pratiques.
Ces transferts contribuent de façon non négligeable à la pollution des eaux. Il est donc important de limiter au maximum ces risques de transferts.


Biodiversité menacée
Les pesticides agissent aussi directement sur la biodiversité. Des résistances aux produits se sont développées parmi la faune et la flore. On constate aussi des facteurs mutagènes parmi des espèces qui participent à la contamination et à la disparition des insectes pollinisateurs.


Risques pour la santé
Mais il n’y a pas que les animaux et les végétaux qui sont soumis aux risques des pesticides. Les hommes le sont aussi, surtout lorsqu’ils sont en contact direct avec ces produits. En tant qu’élu, nous savons bien qu’il est parfois difficile de faire respecter par notre personnel communal les consignes de sécurité. Impact sur l’eau, sur la biodiversité et sur l’homme : autant de coûts induits par cet usage. Ces coûts, c’est l’ensemble des citoyens qui les supportent. Il est donc indispensable que nos collectivités se montrent exemplaires en la matière, de façon à inciter les autres utilisateurs et les citoyens à réduire l’emploi des pesticides.

Plus de 150 collectivités de la Dordogne ont adhéré à la démarche

Aujourd’hui, plus de 150 collectivités de la Dordogne ont adhéré à la démarche et plus de 250 agents ont été formés aux nouvelles techniques d’entretien.
Les communes signataires ont diminué, en moyenne sur la première année, leur volume d’herbicides de 70%. Une dizaine d’entre elles ont réussi à atteindre le O herbicide dès la première année.
Au-delà des techniques alternatives mises en place telles que le paillage des massifs, l’utilisation des plantes couvre- sol, l’engazonnement des cimetières, chaque collectivité a dû adapter ses choix à sa propre situation. C’est la diversité et la complémentarité des solutions qui ont permis un changement global des pratiques. Les communes ont revu leur patrimoine environnemental, l’ont classé par zones : où laisser pousser l’herbe, où planter, où privilégier un entretien intensif tout en adoptant un choix d’essences indigènes et des plantes moins gourmandes en eau.


Il s’agit véritablement d’une nouvelle approche des espaces communaux où il s’agit de composer avec la nature en adoptant une gestion raisonnée et différenciée.
Cette gestion différente implique une réappropriation culturelle de la «nature en ville» où celle-ci n’est plus seulement un élément de décor mais un espace vivant. Pour aller plus loin, il faudrait en fait apprendre à vivre avec les «mauvaises herbes» et repenser la notion de propreté.


Communication, sensibilisation
Mais aussi réelle soit-elle, la volonté de changer les modes de gestion et d’accepter les «mauvaises herbes» peut rester lettre morte si elle n’est pas accompagnée en amont par une forte sensibilisation de la population : plaquettes explicatives, affiches, réunions publiques animées par un technicien, stands, sont autant de moyens mis à disposition par le Conseil départemental de la Dordogne que les communes doivent s’approprier. De cette communication découle la réussite ou non de la démarche.


Enfin, comment ne pas conclure sans mentionner le fait que la Dordogne a été «récompensée» pour son initiative et cette opération exemplaire par l’Europe d’une part, dans le cadre des financements FEDER, et l’Agence de l’Eau Adour Garonne d’autre part, avec des subventions allouées pour un montant total de plus de 600 000 €.


Ces subventions concernent plusieurs volets :

  • La formation des agents communaux et les supports pédagogiques
  • La conception des outils de communication
  • L’utilisation de matériels spécifiques innovants

 

La végétalisation des espaces
Des animations publiques ont été réalisées sur tout le territoire départemental (Terrasson, Montpon, Coulounieix-Chamiers, Castelnaud, Boulazac, Bergerac, Ribérac,Gardonne) ainsi qu’au niveau national (Pau, Toulouse, Paris, Mont de Marsan).
Des partenariats ont été finalisés avec le CNFPT, l’Union des Maires, l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, la Région Aquitaine, et enfin l’Europe via le FEDER.

 

La Dordogne devient le Département référent (intervention à l’école des Ponts et Chaussées, colloques départementaux et régionaux…)

 

 

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